La bibliothèque idéale

Une nouvelle librairie ouvre ses portes à la Maube Saint Julien.


Il y a un an, la librairie Dobosz fermait ses portes de la rue de la bûcherie pour continuer sur internet. Encore une librairie qui fermait ! Pendant quelques mois, le local fut vide après avoir été refait. On attendait.

Dès le mois de janvier cependant, une légère agitation commença à réveiller cette boutique endormie : des travaux, puis des cartons et puis çà !

L’ouverture d’une librairie dans le Quartier Latin aujourd’hui est toujours entourée de mystère et d’interrogations sur la santé mentale de ceux qui tentent l’aventure. "Vous vous rendez compte, ma bonne dame, qu’à l’heure d’Internet, il y a encore des gens pour ouvrir des librairies".

Heureusement, en fait ! Car Internet, comme support de lecture, ne remplacera jamais le livre. Sur un écran, on parcourt, on butine l’information. Mais on ne lit pas vraiment. Seul le livre, sans l’agitation du clavier et de la souris, sans la lumière balayante de l’écran, dans toute sa lenteur et la douce agitation des cinq sens permet de lire, autrement dit de comprendre en profondeur ce qu’un autre à écrit.

Et internet, comme support d’achat, ne remplacera jamais non plus la librairie indépendante. A moins d’accepter un certain paradoxe : acheter Germinal en faisant travailler des semi-esclaves dans les entrepôts Amazoniens des lointaines banlieues londonniennes. Ne peuvent s’en réjouir que les nostalgiques du temps des domestiques et de la servitude.

La librairie indépendante, en revanche, est réellement humaine. Ce n’est vraiment pas une machine à profit, ce qui est reposant à notre époque, mais plutôt un sacerdoce et souvent un sacrifice financier (quand on connait le prix des loyers !) de la part du libraire pour offrir aux lecteurs des ouvrages de qualité à l’unité, pas par palette à grand renfort de publicité. Pour faire découvrir : Ulysse de James Joyce doit tout à Sylvia Beach qui osa, la première, l’éditer et le vendre, et héberger l’auteur, dans sa librairie Shakespeare et Company, maintenant également rue de la bûcherie.

Evidemment, elle est humaine aussi parce qu’il y a un libraire qui a ses joies et ses bonheurs mais aussi ses soucis, ses problèmes et ses humeurs qui vont avec ; parce qu’il ne sait pas tout ou parce qu’il faut apprendre à la connaître. Une personne humaine vivante , en somme, ni un écran d’ordinateur lisse, ni un vendeur camisolé par les grandes chaînes. Humaine enfin, parce que le libraire indépendant est avant tout un lecteur qui fait des choix ...

La librairie qui va s’ouvrir rue de la bûcherie est l’exemple pur de cette conception du rôle du libraire dans la cité, aux sens physique et politique du terme. Un pari osé et à contre-courant. Elle se nomme La Bibliothèque idéale et offrira un nombre restreint d’ouvrages, sélectionnés avec soin parmi la littérature française et étrangère.

La Bibliothèque idéale est, en outre, un projet et l’extension des éditions Aden qui publient d’excellents ouvrages sur les poètes du monde entier ; notamment, grâce à leur collection le cercle des poètes disparus en référence au film et au poète américain Walt Whitman. Un lien de plus avec la librairie Shakespeare et company dirigée actuellement par Sylvia Whitman. Vu qu’ils partagent une rue et des références communes : souhaitons, pour finir, à La Bibliothèque idéale de réussir aussi bien.

DS.

- Pour en savoir plus sur les éditions Aden. Cliquez ici !





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Tous les jeudi, le Relais de la bûcherie vous convie à une nouvelle soirée Jazz avec Jazz Bang de 19h à 22h. Concert gratuit et dîner à la carte ou menu avec une coupe de champagne offerte. Cliquez-ici, pour réserver et savoir comment venir

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